Collège et lycée : vers un retour en grâce de l'orthographe ?

June 1, 2026

Dans sa circulaire de rentrée publiée le 7 mai dernier, et alors que les épreuves nationales du Brevet des collèges et du Baccalauréat doivent se tenir dans  moins d'un mois, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a confirmé sa volonté de durcir les règles de notation concernant l’orthographe, la syntaxe et la grammaire. L’objectif affiché est clair : « redonner de la valeur » aux diplômes nationaux et replacer la maîtrise du français au cœur des évaluations. Quitte à réduire drastiquement le nombre de diplômés...  Car une copie présentant un niveau jugé insuffisant en orthographe ou en expression écrite ne pourra plus prétendre à la moyenne, même si les connaissances de fond sont présentes.

Moins de diplômés en perspective

En effet, les correcteurs devront désormais prendre davantage en compte la « qualité rédactionnelle » des copies dans toutes les disciplines, y compris les matières scientifiques et, ce, dès le collège, notamment dans les épreuves de français et d’histoire-géographie. Une mesure qui fait face à la baisse du niveau d'expression écrite observée ces dernières années, la France se situant désormais en dessous de la moyenne de l'OCDE en matière de maîtrise de l'écrit.
Or, si certains syndicats enseignants se sont inquiétés d'un éventuel désavantage des élèves à besoins particuliers ou issus de milieux défavorisés, d'autres enseignants se sont indignés d'un "coup de communication" qui nie la prise en compte de l'orthographe déjà en place dans les notations en classe. 

Une mesure clivante

Cette réforme, qui divise l'opinion entre les partisans d'un brevet et d'un bac plus sélectif et ceux inquiets de son impact sur le taux de décrochage, s’inscrit dans un ensemble de mesures visant à renforcer l’exigence scolaire. Celles-ci incluent notamment un accès plus restrictif au rattrapage, la limitation des points accordés par les jurys et le rééquilibrage entre contrôle continu et épreuves terminales. De quoi redessiner en profondeur le paysage scolaire...