Éducation nationale : un mois de mobilisation contre les suppressions de postes

April 1, 2026

Faisant suite aux annonces gouvernementales de la suppression de près de 4 000 postes d'enseignants pour la rentrée 2026, plusieurs syndicats appellent les enseignants à participer le 31 mars prochain à une journée de grève nationale pour protester contre les orientations budgétaires de l’Éducation nationale. 

En réalité, les actions se multiplient depuis le début du mois de mars. Grèves locales, notamment dans l’Ouest et le Nord, rassemblements devant les rectorats, mobilisations de parents d’élèves : le mouvement, d’abord dispersé, s’est progressivement structuré. Le 10 mars, environ 250 personnes se rassemblaient déjà devant le ministère à Paris. Un préavis de grève couvrant la période du 19 mars au 10 avril a ainsi été déposé, signe d’une mobilisation appelée à durer. Les syndicats organisent désormais une semaine d’actions du 30 mars au 3 avril, avec un point culminant attendu le 31 mars. Difficile toutefois de mesurer précisément l’ampleur du mouvement : les initiatives restent largement locales, sans comptage national consolidé. 

Au-delà des chiffres annoncés par le gouvernement, c’est la réalité quotidienne des établissements et le rejet d’une politique nationale déconnectée des besoins du terrain qui alimentent la contestation. Les enseignants dénoncent des classes surchargées, un manque chronique de remplaçants et des équipes éducatives sous tension face à un climat de violences accrues. À cela s’ajoutent des fermetures de classes et d’écoles, notamment dans les zones rurales, qui aggravent les inégalités territoriales et menacent la qualité du service public.

Les revendications des manifestants sont donc claires : abandon des suppressions de postes, créations d’emplois, baisse des effectifs par classe, revalorisation salariale et renforcement des moyens humains des établissements (AESH, psychologues scolaires, CPE, enseignants spécialisés). 

De son côté, le gouvernement invoque la baisse du nombre d’élèves pour justifier une adaptation des moyens éducatifs. Un argument que contestent les enseignants, qui y voient au contraire une occasion manquée d’améliorer les conditions d’apprentissage.

Sur ce plan, les propositions d'Excellence Ruralités visant à changer de paradigme en remplaçant la logique d'effectifs moyens par classes par une logique de temps de trajet scolaire minimum permettraient de préserver des postes et de prévenir de nouvelles vagues de fermetures. Or il est justement prévu que celles-ci soient prochainement portées au niveau parlementaire... À suivre.