
Chaque année depuis 8 ans, la DEPP (direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance), mène des évaluations nationales sur le secteur primaire. Si elles sont à relativiser en fonction de différents facteurs (milieu social des élèves, ères géographiques, singularités locales…), leurs résultats donnent tout de même un aperçu précieux du niveau général des élèves années après années. C’est à nouveau le cas des évaluations de la rentrée 2025, tout justes publiés.
C’est un rituel auquel les élèves ont désormais l’habitude de se plier chaque année : les évaluations nationales, mises en place par la DEPP permettent de mettre en lumière les évolutions et les disparités de niveau sur chaque niveau, du CP au CM2 en Mathématiques et en Français. Concernant cette dernière discipline, différentes compétences sont évaluées telles que “comprendre un texte et des phrases à l’oral”, “lire à voix haute un texte” en CE2, ou encore “manipuler des phonèmes” en CP. Une fois ces données accumulées, elle permettent une photographie brute du niveau national des élèves de primaire.
Or, si ce dernier rapport fait état d’un niveau qui reste extrêmement stable depuis l’année dernière, certaines disparités de niveau demeurent et éclairent davantage leurs causes profondes.
Les résultats restent stables. Tout comme les disparités…
Premier enseignement : les écarts de niveau restent très nets entre le public hors éducation prioritaire et le public des REP et des REP + (réseaux d’éducation prioritaire). Les compétences les plus touchées sont la compréhension de l’oral du CP au CE2, le lexique en CM1 et CM2 et la compréhension de l’écrit en CM2. “Les différences observées entre le public hors éducation prioritaire et les REP sont à relativiser en raison du profil social en moyenne moins favorisé des élèves scolarisés en REP”, avertit le rapport. Cependant, il est intéressant de noter que l’écart se réduit nettement entre les années 2024 et 2025 : et ce, à l’avantage des élèves scolarisés en REP+, dont le niveau augmente. La DEPP stipule ainsi que “la réduction de ces écarts est principalement due à une hausse des performances des élèves scolarisés en REP+ plus importante”. Même si ces améliorations demeurent fragiles, une conviction s’impose à la lecture du rapport : lorsque l’on met des moyens véritables quelque part, cela paye. Les élèves de REP+ bénéficient notamment de classes à petits effectifs.
Deuxième enseignement : à niveau social équivalent, les élèves des zones rurales présentent un niveau supérieur dans la dimension logique et individuelle des évaluations. C’est le cas de la faculté à “résoudre des problèmes” qui est davantage maîtrisée par les élèves de CP scolarisés en zone “rurale éloignée” ou “rurale périphérique” qu’en zone “urbaine très dense”. Idem dans la compétence “comprendre un texte lu seul” en début de CM2.
Ces mêmes jeunes ruraux accusent en revanche un niveau bien moindre quant à la lecture à voix haute où, toujours à IPS équivalent, les jeunes urbains s’en sortent mieux. Une conséquence que l’on peut directement imputer à une inhibition exacerbée chez ces jeunes des ruralités, premières victimes d’un plafond de verre bien présent loin des grandes agglomérations, et ce, dès leurs premières années de scolarité.
L’Effet Excellence Ruralités
Qu’en est-il, alors, du niveau des élèves Excellence Ruralités ? Soumis aux mêmes tests chaque année, leurs résultats montrent une réussite concrète et témoignent de l’efficacité d’une pédagogie adaptée.
Si, donc, nos élèves arrivent en CP avec un niveau proche des REP en français, et nettement en dessous en mathématiques, en 6e, en revanche, leur niveau est comparable à la moyenne nationale en français. À titre d’exemple, ils obtiennent 46% de niveau satisfaisant en compréhension quand la moyenne nationale se situe à 43%). En mathématiques, c’est encore meilleur. En résolution de problèmes ils passent à 62% de niveau satisfaisant contre 45% en national. 18 points d’écart qui sont la récompense du travail, de la disponibilité et de l’engagement de toutes les équipes pédagogiques. Mais qui prennent aussi la forme d’un message : combattre le déterminisme social à l’école, c’est possible !
Les données de la DEPP sont à retrouver ici.