
En ce début d’année, l’édition 2026 du Baromètre Jeunesse & Confiance a été publiée par le think tank Vers le Haut, laboratoire d’idées indépendant spécialisé dans les questions éducatives pour éclairer le travail des décideurs publics et des acteurs de terrain, en partenariat avec l’institut de sondage OpinionWay. Réalisée chaque année depuis 2015, cette enquête analyse l’état d’esprit des jeunes de 16 à 25 ans, leur rapport à l’école, aux institutions et à l’avenir. Cette nouvelle édition 2026 s’est particulièrement penchée sur les disparités territoriales, révélant les difficultés spécifiques rencontrées par les jeunes vivant en milieu rural et les obstacles concrets auxquels ces derniers sont confrontés.
Cette édition 2026 met d’abord en lumière un fort sentiment d’isolement éducatif dans les territoires ruraux. Notamment en cas de difficultés à l’école : seulement 36 % des jeunes ruraux déclarent avoir facilement accès à une aide ou à une écoute en cas de difficulté scolaire, contre 64 % dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et 56 % dans les grandes villes. Ce sentiment est aussi marqué chez les parents résidant en communes rurales puisque 50% d’entre eux estiment qu’il est difficile d’accéder à des structures de soutien scolaire, alors qu’ils ne sont que 15 % à formuler ce constat en région parisienne.
Ce déficit d’accompagnement s’inscrit plus largement dans une perception de moindre dynamisme du territoire en ruralité, en particulier en termes d'offres culturelles. Les jeunes ruraux estimant avoir facilement accès à des associations culturelles (56%) sont effectivement peu nombreux par rapport aux grandes villes (72 %). Cet écart est encore plus saillant concernant les lieux d’échange et d’activités spécifiquement dédiés aux jeunes : 65 % des jeunes des villes moyennes déclarent en fréquenter, contre seulement 38 % en milieu rural.
L’étude montre par ailleurs que les jeunes ruraux (46%) sont nettement moins sollicités que sur le reste du territoire national pour participer à des projets locaux citoyens ou associatifs. Même dans d’autres zones de concentration de difficultés comme les Quartiers prioritaires de la ville (QPV), 70% de la jeunesse se sent sollicitée localement ! Afin de souligner l'enjeu majeur derrière cette donnée, l’étude met en évidence le lien entre sollicitation locale et la confiance chez les jeunes. Ainsi, 66 % des jeunes sollicités se disent optimistes quant à l’avenir des générations futures, contre 43 % de ceux qui ne l’ont pas été. L’engagement local apparaît donc comme un levier central de confiance et de projection dans l’avenir.
Dans ce contexte de fragilisation du lien entre territoires et institutions, l’étude souligne un recul significatif des croyances dans la promesse scolaire. Si 70 % des jeunes continuent d’estimer que réussir sa scolarité permet d’assurer sa réussite professionnelle, cette conviction est en net recul depuis 2015, traduisant une perte de confiance plus générale dans la qualité du système éducatif français et sa capacité à former sa jeunesse.
Des constats généraux qui viennent rejoindre ceux d’Excellence Ruralités matérialisés notamment dans le baromètre 2025 sur le sentiment d’abandon éducatif des zones rurales. Surtout, un besoin d’espoir et d’accompagnement de plus en plus marqué, nous confortant chaque jour davantage dans notre mission !